Hypermobilité Articulaire et Syndrome d'Hypermobilité Articulaire (SHA): Aspects psychologiques



Qu'est-ce que c’est l’Hypermobilité Articulaire?
Il s'agit d'une augmentation exagérée de la mobilité des articulations due à une altération du collagène. Elle touche environ 10-15% de la population. Elle est plus fréquente chez les femmes que chez les hommes et plus fréquente au cours de l’enfance et diminue avec l'âge. L’hypermobilité n'est pas une condition problématique. Pour certaines personnes, c'est même un avantage lors de la pratique d'activités artistiques ou de certains sports. Le problème médical se produit lorsque l'hypermobilité est accompagnés de symptômes tels que douleurs fréquents dans les articulations (arthralgies), luxations, subluxations, tendinites, troubles cutanés, prolapsus rectal ou utérin, l'arthrite précoce, etc. Lorsque cela arrive, il est appelé alors syndrome d'hypermobilité articulaire (SHA).


Qu'est-ce que c’est le Syndrome d’Hypermobilité Articulaire (SHA)?
C'est l'hypermobilité associée à des symptômes (gênes dans l'appareil locomoteur et autres). Il serait du aux tissus qui contiennent du collagène et qui forment les structures de soutien du corps (articulations, tendons, cartilages, os, etc.) qui, étant plus flexibles et faibles, sont plus enclins à subir des lésions. C'est un syndrome chronique, encore mal connu par les patients et les professionnels de la santé, malgré le fait qu'il est le plus fréquent de troubles héréditaires des fibres de collagène (HDCT) (un groupe de maladies génétiques qui affectent la matrice protéique du tissu conjonctif, qui comprennent l'Ehlers-Danlos, syndrome de Marfan, ostéogenèse imparfaite et SHA). On estime qu'il représente environ 25% des consultations rhumatologiques en Espagne, et bien qu'il est considéré comme un syndrome bénin en termes de pronostic en regard des autres maladies du tissu conjonctif, il peut être invalidant pour les personnes touchées, principalement parce qu'il est une importante source de douleur.

Pourquoi une intervention psychologique est pertinente dans le syndrome d’hypermobilité articulaire?
Pour plusieurs raisons. La première est la relation étroite entre l'hypermobilité articulaire et l'anxiété. D'après les études du Dr. Bulbena à l'Hôpital del Mar de Barcelone, nous savons que les patients avec une hypermobilité sont 6 fois plus susceptibles de souffrir de troubles anxieux, comme des attaques de panique, agoraphobie, phobie sociale, que les gens non hyperlaxes. On pense qu'il existe une base génétique partagée entre hypermobilité et anxiété, puisque ces formes d'anxiété ont un substrat biologique (endogène) plus identifiable que d'autres formes d'anxiété, qui sont plus liées à des facteurs psychosociaux. Une étude a effectivement trouvé une anomalie cytogénétique commune aux deux phénomènes. La mise en évidence d’une relation génétique entre hypermobilité articulaire et anxiété a des implications importantes dans le cadre de la psychiatrie et plus largement de la santé, après avoir ouvert une nouvelle voie, qui nous permet de détecter et traiter les personnes les plus vulnérables à subir des troubles anxieux à travers des signes et des symptomes de l’hypermobilité.
La seconde raison est que la principale plainte des personnes atteintes de syndrome d’hypermobilité articulaire est la douleur chronique. Bien qu'il existe une base biologique pour la douleur, les différences individuelles, la manière dont nous traitons l'information, nos croyances, etc.. ont une influence sur la façon dont nous vivons le syndrome d’hypermobilité, jouant un rôle dans le développement et la maintenance des émotions négatives, et même sur la perception de la douleur. Dans ce sens, une intervention cognitive-comportementale est très recommandée pour aider les patients à identifier, comprendre et modifier ces aspects, qui influent sur la perception de la douleur et des émotions négatives.
Aussi l'intervention d'un psychologue est nécessaire compte tenu de certaines angoisses spécifiques, qui se posent chez les patients, de certains patterns inadaptés du comportement (comme la sur ou sous-activité), et des répercussions émotionnelles engendrées par la mauvaise qualité de la vie.

Carolina BAEZA-VELASCO
Psychologue Clinicienne, MA, Ph D(c)
Montpellier -France
cabinet: 06.72.69.01.78